Fin tragique ou fin heureuse?

Je suis née au Canada, où une grande partie des films qu’on écoute nous viennent d’Hollywood, la méga industrie cinématographique qui nous offrent des blockbusters et des films commerciaux à n’en plus finir: un héros qui sauve le monde et qui finit avec la jolie fille. Trop cliché? Trop prévisible? Trop commercial, me direz-vous?

C’est vrai. L’effet de surprise est estompée. On sait toujours que ça va bien finir, qu’ils vivront heureux jusqu’à la fin des temps et qu’ils auront beaucoup d’enfants… Mais pourquoi toujours cette même trame?

En clair, parce que c’est que le public veut.

Je me cite en exemple. Je lis un livre ou je regarde un film dans le but principal de me divertir. Hmm… de temps en temps, pour apprendre quelque chose et d’autres fois, pour m’enrichir d’un classique parce que c’est un passage obligé, mais je me dois d’être honnête, la plupart du temps, c’est pour m’évader de mon quotidien, me faire vivre des aventures par procuration, stimuler mon imagination, me prendre pour le personnage principal et surmonter victorieusement tous les obstacles sur mon passage. Vous imaginez à quel point mon ballon se dégonfle si l’auteur me tue le personnage principal en pleine tronche? C’est la déception totale, la perte d’un ami, presque, la mort des rêves que j’ai bâtis pour lui et la fin de la vie heureuse qu’il aurait méritée après toutes ses mésaventures!

Mes détracteurs diront que les fins heureuses des romans sont rarement un reflet de la réalité. Que la vie ne nous fait pas de cadeau. Qu’on finit rarement avec la personne de notre vie. Qu’on ne peut pas tout avoir. C’est vrai. Je suis entièrement d’accord. Ce qui me ramène à mon paragraphe précédent: je lis pour m’évader de la réalité. Je lis pour me divertir. À moins de lire une biographie, je ne m’attends pas à ce que les pages que je tourne soit un reflet exact de la réalité. C’est ce qu’on appelle de la fiction, non?

Ce qui me ramène à mon premier paragraphe: Hollywood. Cette industrie implante un modèle de scénarios qui plaît aux Nord-Américains alors que je sais pertinemment que de nombreuses œuvres américaines laissent bien des Français de glace et les œuvres françaises ne font pas forcément tabac de notre côté de l’Atlantique. Aucune discrimination ici. Ça n’a absolument rien de négatif. Les industries du spectacle et le monde littéraire doivent s’adapter au public qu’ils cherchent à séduire. Et si une fin heureuse rapporte deux fois plus au box-office, ils ne vont certainement pas s’en priver.

Cela dit, taxez-moi de moule préfabriqué par Hollywood si ça vous chante, mais les fins heureuses me plaisent. Pourquoi? Parce que je ferme le roman satisfaite, détendue, repue. Si des doutes persistent, si on m’a arraché le héros à la fin ou si des questions restent en suspens, je cherche d’autres pages après les remerciements et les mentions légales. Je fronce les sourcils et je me questionne, encore sur ma faim. Qu’est-ce que l’auteur gagnait à faire mourir le héros? Pourquoi il me perturbe de la sorte?

Soit, la vraie littérature dérange. Elle remue. Elle remet en question. Mais il y a la vraie littérature et la littérature commerciale, qui plaît, qui distrait…

Une fin heureuse n’est pas nécessairement garantie assurée de $$$ non plus. Il reste que le contenu doit captiver. L’intrigue doit être bien ficelée, les personnages bien développés et la forme doit être de qualité. Et une fin tragique peut tout aussi bien traverser les siècles. Prenons Roméo et Juliette par exemple. C’est la pièce la plus populaire et la plus connue de Shakespeare. Et toute une fin tragique, s’il en est!

Mais ma nature enjouée et optimiste prend le dessus. Je préfère les comédies de Shakespeare! Ce dramaturge de génie devait savoir ce qu’il faisait puisqu’il a produit de tous les genres: tragédies, comédies, drames, biographies, sonnets… Il y en a pour tous les goûts.

Je ne fais aucune promesse ici mais je pense que mon cœur va toujours balancer dans mes romans pour que le héros finisse vivant et autant que possible, en ayant trouvé l’amour. Sur ce, un de mes lecteurs m’a répondu, les mains jointes et les yeux au ciel: ‘Merci…’

Publicités

Une réflexion sur « Fin tragique ou fin heureuse? »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s