Accepter les critiques…

Écrire un roman… Tout un projet, s’il en est!

On parle en années de travail dans mon cas. Je ne vis pas de ma plume (pas encore, mais un jour, qui sait?) et donc si on commence par la genèse du projet dans mon imagination et toutes les rêvasseries qui l’ont accompagnée, jusqu’à la publication de mon roman en passant par la rédaction, la correction, la correction et encore la correction (il semble qu’on ne finit jamais de réviser son roman!), j’ai pris entre 4 et 5 ans pour produire mon oeuvre.

Écrire un roman, c’est super. C’est une expérience enrichissante, un voyage vers l’imaginaire malgré un quotidien des plus ordinaires, une occasion de vider son sac ou de libérer ces personnages qui nous obsèdent et vivent dans notre esprit depuis trop longtemps. Oui, écrire est libérateur.

Se faire lire est une autre histoire… C’est se mettre à nu, c’est accepter d’être jugé par d’autres critères que les nôtres. C’est se dire que son oeuvre ne peut et ne pourra jamais plaire à tout le monde. C’est voir son livre par d’autres yeux que les nôtres. Et ces yeux ne voient pas les mêmes choses!

J’ai eu une quinzaine de critiques et d’articles par différents chroniqueurs et blogueurs sur mon roman ‘Réécrire l’Histoire’. Je tiens à les remercier chaleureusement d’avoir pris le temps de me lire (c’est d’abord le but premier quand on écrit quelque chose, non?) Ils ont une vie bien remplie, un travail, une famille; malgré tout, ils ont trouvé du temps pour lire mon livre.

Jusqu’à date, les articles sont franchement positifs. Je m’en réjouis. Je n’ai pas eu droit à: ‘Ce livre est un vrai navet!’ ou ‘L’auteure devrait penser à réécrire son histoire!’ Pas que j’imaginais que mon livre ne plairait pas, mais quand on commence dans le monde de l’auto-édition (qui est une jungle où il faut survivre et une mer où il ne faut pas se noyer!), on a besoin d’un minimum de reconnaissance.

Il y a des points forts et des points faibles qui reviennent, sur lesquels les chroniqueurs semblent tous tomber d’accord. Commençons par les points faibles.

-Mon héroïne est immature. Je l’avoue. Surtout au début du roman, ce qui me permet de la faire mûrir plus facilement au cours de son aventure. (Ha! ha! C’était tout prévu…) J’avais envie d’une héroïne qui n’a pas la langue dans sa poche. Selon moi, une héroïne timide ne provoque pas assez de situations conflictuelles (je reviendrai sur ce sujet dans un prochain article) et on n’a pas de rebondissements suivis de dénouements sans un bon conflit entre les protagonistes. On ne fait pas de littérature avec de bons sentiments. Je voulais de l’action: j’ai créé une héroïne qui m’en donnerait. Mais bon, ça ne peut pas plaire à tout le monde. Un personnage qui dit tout ce qu’il pense peut parfois irriter le lecteur. Pour d’autres, c’est le contraire: ils n’auraient jamais osé dire ce que le personnage a dit et ils vivent une vie pleine d’aventures par procuration.

-L’emploi de l’imparfait du subjonctif. Lancez-moi des flèches si vous voulez, mais j’aime ce temps de verbe archaïque! Je sais, je suis la seule! Je me disais que vu que c’était un roman sur l’Histoire, je pouvais bien me le permettre! Mais bon, ça fait chauffer des oreilles et saigner des yeux donc, je m’en abstiendrai dans mon prochain roman…

-Le vocabulaire trop riche pour l’âge de l’héroïne. C’est vrai qu’à 18 ans, je ne m’exprimais pas aussi bien que mon héroïne, mais ça reste de la fiction et une oeuvre littéraire. Le joual québécois est naturel et détendu mais je préfère un style plus pincé, si on veut.

-Ma couverture. Beaucoup trouvent qu’elle est trop chargée. C’est vrai. En même temps, je pense qu’elle exprime bien l’action et les rebondissements qui attendent les lecteurs. Je me demande aussi si le style ne plaira pas plus aux Américains (je suis en train de traduire mon roman en anglais) puisque c’est une Américaine qui en a fait le design. On verra bien…

-Le manque de descriptions. C’est sans doute justifié. Peut-être que j’aurais pu donner plus de détails historiques. En même temps, c’est délicat. Je ne voulais pas abrutir le lecteur qui n’est pas passionné d’Histoire avec des détails qu’il pourrait juger inutiles. Je reste une fille d’action, même dans la vraie vie. Trois pages dédiées au pot de fleur sur la table m’ennuient profondément.

Bon, je n’aime pas trop sonner ma propre trompette comme disent les anglophones, mais voici les points positifs:

-Ma plume vive et alerte. Je ne sais pas quoi ajouter à ça… Je suis une auteur après tout…

-Ma bonne maîtrise du français. J’avoue avoir été flattée en lisant ce compliment. D’autant plus que je n’ai pas fait appel à des correcteurs professionnels. Mes yeux et ceux de ma sœur ont éradiqué la plupart des fautes de grammaire. Je ne garantis pas qu’il ne reste plus rien mais on s’y approche…

-L’humour. Je viens d’une famille qui valorise beaucoup l’humour. Au Québec en général, on aime rire. Bon, je ne promets pas que vous allez vous dilater la rate en lisant mon roman, mais j’ai réussi à inclure quelques petites phrases qui peuvent faire sourire ici et là. Ou c’est juste assez graphique pour que vous ayez une image mentale. À vous de la créer dans un style humoristique.

-Mon personnage masculin. C’est unanime. Je pense que les lectrices en particulier ont apprécié la chaleur, la force et la douceur de mon personnage masculin.

L’action et les rebondissements. Alors là, si on me reproche (parfois) le manque de descriptions, on ne peut pas me reprocher qu’il ne se passe rien dans mon livre. Ça bouge, ça avance, on ne reste pas au point neutre longtemps. Ça bouge peut-être trop vite. À vous de juger!

-La fin surprenante. Je suis fière de la dernière page (je vous interdis de la lire au début!) et je suis contente d’avoir pu surprendre les lecteurs et les chroniqueurs. Quand je ferme un livre, j’aime que les questions soulevées aient trouvé leurs réponses et j’aime finir sur une note joyeuse. Si je ne comprends pas la fin ou si elle me déçoit, j’ai tendance à m’y fier pour juger le livre dans son ensemble. Le livre peut être un vrai régal mais la fin a la tâche délicate de me satisfaire. J’ai d’ailleurs consacré un article complet sur le sujet: Fin tragique ou fin heureuse?

J’ai pensé partager avec vous certaines chroniques qui m’ont touchée. Voici les liens:

-Le blog Les mille et un livres

-Le blog de Poljack

-Le blog Les lectures d’Oriane

-Le blog Fantaza Book

-Le blog Happy Manda Passions

Bref, je pense que d’accepter de se faire lire est une expérience enrichissante qui me fait grandir en tant qu’auteure (et personne!)

 

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Écrire au ‘je’ ou au ‘il’: le dilemme

Il y a maintenant plus d’une décennie que j’ai écrit mon premier (vrai) roman. (Mes histoires dactylographiées de l’école primaire ne comptent pas, j’imagine…) À savoir si j’allais écrire à la 1ère ou à la 3e personne, je ne me suis même pas posé la question… D’emblée, j’ai commencé le texte et ai tapé une panoplie de ‘il’ et de ‘elle’.

Lors de mon 2e roman, Réécrire l’Histoire (qui est le premier que j’ai publié), j’allais commencer de la même façon, mais j’ai pris un moment de recul et je me suis demandé si je n’allais pas tenté l’expérience à la première personne. Dès les premières lignes, ce fut une révélation! J’ai été complètement charmée par le ‘je’ et par ses possibilités.

Cependant, les lecteurs sont franchement partagés sur la question. Certains aiment la légèreté d’un texte au ‘je’, d’autres s’en lassent rapidement.

C’est pourquoi je ne dis pas que l’un est nécessairement mieux que l’autre. Je vois des avantages et des inconvénients aux deux et des cas où les deux sont possibles mais d’autres où il n’y a qu’une seule option. Je vous fais part de tout ça.

JE

  1. Le ‘je’ est franchement intéressant quand on cherche à créer un lien avec le lecteur. Peut-être est-il plus facile pour le lecteur de s’identifier au personnage ou de le trouver attendrissant. Encore que cela dépende de la préférence du lecteur.
  2. J’ai adoré utiliser le ‘je’ pour insérer de l’humour dans mon roman. À la 3e personne, le narrateur pourrait avoir l’air d’un petit comique s’il passait toujours ses réflexions mais si on est dans la tête du personnage principal, alors je trouve qu’il n’y a rien de mal à lui donner une teinte humoristique. Pas qu’on se compte des blagues à soi-même en tout temps, mais il reste que le ‘je’ se marie mieux aux couleurs de l’humour.
  3. Le ‘je’ peut être une option si on est capable de raconter l’histoire d’un seul point de vue et que ça n’enlève rien à l’intrigue. Je prends l’exemple de mon roman ‘Réécrire l’Histoire’. Il s’agit d’un voyage dans le temps fait par une jeune femme qui déteste l’histoire et se retrouve coincée dedans. C’est écrit à la première personne parce qu’on peut facilement suivre ce même personnage, sa désorientation et tout ce qu’elle comporte, ses défis, ses inquiétudes, le tout dans un ordre chronologique. Maintenant, si ce scénario s’y prête, on ne peut pas en dire autant des romans policiers par exemple, où on doit suivre plusieurs suspects à la fois ou faire aboutir une enquête sans pouvoir rester dans la tête d’une seule personne.
  4. Le personnage peut dire ce qu’il veut et même nous induire en erreur puisqu’il ne fait qu’exprimer son opinion ou nous parle depuis son propre point de vue, qui peut être erroné.

IL / ELLE

  1. On choisit la 3e personne parce que c’est un classique. Le narrateur est objectif et l’intrigue se déroule sous les yeux du lecteur dans un enchaînement des plus naturels.
  2. Le narrateur omniscient est excellent quand on écrit un roman policier ou un thriller psychologique puisqu’il reste neutre. C’est une convention non écrite mais le narrateur n’a pas le droit de nous mentir en nous révélant qui a commis le meurtre par exemple, pour ensuite se rétracter et choisir un autre assassin. Si l’enquêteur se dirige vers une fausse piste, soit, mais le narrateur n’a pas le droit de nous y emmener volontairement. Et ça frustrerait le lecteur, moi la première!
  3. La 3e personne se prête beaucoup mieux si on veut exposer le point de vue de plusieurs personnages ou si on veut s’infiltrer dans leur tête. On peut donc butiner d’un personnage à l’autre librement, ce que ne nous permet pas de faire la 1ère personne.

Cela étant dit, auteurs, choisirez-vous la 1ère ou la 3e personne dans votre prochain roman? Tout dépend de votre intrigue, de vos personnages et en bout de ligne, de vos préférences!